Comparatif Antidiabétiques

Pourquoi ce tableau ?

Il existe de nombreuses classes d'antidiabétiques aux mécanismes très différents. Ce tableau te permet de les distinguer rapidement, notamment sur le risque hypoglycémique → point clé aux examens.

Tableau principal : Antidiabétiques oraux et injectables non-insuliniques

Critère Biguanides (Metformine) Sulfamides (Gliclazide) iDPP-4 (Sitagliptine) iSGLT2 (Empagliflozine) GLP-1 (Liraglutide)
Mécanisme Diminue la production hépatique de glucose (néoglucogenèse) ; améliore la sensibilité à l'insuline Stimule la sécrétion d'insuline par les cellules bêta pancréatiques (indépendant de la glycémie) Inhibe la DPP-4 → prolonge l'action du GLP-1 endogène → stimulation insuline glucose-dépendante Inhibe le cotransporteur SGLT2 rénal → glycosurie forcée Analogue du GLP-1 → stimule insuline, freine glucagon, ralentit vidange gastrique
Risque hypoglycémie NON (seul en monothérapie) OUI (stimulation insuline non glucose-dépendante) Faible (action glucose-dépendante) Non (mécanisme rénal, indépendant de l'insuline) Faible seul ; OUI si associé à sulfamide ou insuline
Voie PO PO PO PO SC (stylo injecteur)
Avantage principal Neutre sur le poids, cardioprotecteur, premier choix DT2 Efficace, faible coût Bonne tolérance, neutre sur le poids Cardioprotecteur, néphroprotecteur, perte de poids Perte de poids, cardioprotection, efficacité glycémique forte
Contre-indication majeure Insuffisance rénale (ClCr < 30 mL/min), insuffisance hépatique, alcoolisme (acidose lactique) Insuffisance rénale et hépatique sévères, allergie sulfamides, grossesse Insuffisance rénale sévère (adapter dose) ClCr < 45 mL/min (efficacité réduite), infections génitales récidivantes, DT1 Antécédent de pancréatite, cancer médullaire thyroïde
Surveillance IDE Fonction rénale (créatinine) avant et pendant ; arrêt avant injection iodée et chirurgie Glycémie capillaire (risque hypo), repas non sautés, poids Signes d'infection ORL (pancréatite rare), glycémie Infection urinaire et génitale, diurèse, glycosurie, pression artérielle Poids, nausées (transitoires), FC, signes pancréatite

Tableau insulines : Pharmacocinétique comparée

Type Exemple Début d'action Pic d'action Durée d'action Utilisation
Ultrarapide Humalog (lispro), Novorapid (asparte) 10-15 min 1-2 h 3-5 h Bolus repas ; stylo ou pompe
Rapide Actrapid®, Umuline Rapide® 30-60 min 2-4 h 6-8 h Bolus repas (injection 30 min avant), IVSE en réanimation
Semi-lente (NPH) Insulatard®, Umuline NPH® 1-2 h 4-8 h 12-18 h Basale intermédiaire, 1 ou 2 injections/j
Lente Lantus (glargine), Levemir (détémir) 1-2 h Pas de pic notable 20-24 h Basale 1 injection/j (Lantus® surtout au coucher)
Ultralente / Dégludec Tresiba® (dégludec) 1 h Pas de pic > 42 h Basale ultra-longue, 1 injection/j flexible
Mélange (prémix) Humalog Mix 25®, Novomix 30® 10-30 min Double pic 12-18 h 2 injections/j avant repas principaux ; éviter horaires irréguliers
Points techniques insuline

  • Lantus® (glargine) : NE PAS mélanger avec une autre insuline dans la même seringue → précipitation et perte d'effet.
  • Insuline NPH : retourner doucement 10 fois avant injection pour remettre en suspension (aspect trouble normal).
  • Insulines ultrarapides : injecter juste avant le repas (≤ 15 min) ; si repas incertain → après le repas.
  • Insuline rapide Actrapid® : injecter 30 min avant le repas.


Règles d'or IDE

À savoir par cœur
  1. Seule la Metformine n'entraîne pas d'hypoglycémie en monothérapie → elle réduit la production de glucose sans stimuler l'insuline.
  2. Sulfamides + repas sauté = hypoglycémie garantie → la stimulation d'insuline est indépendante de la prise alimentaire. Prévenir le patient : ne jamais sauter un repas.
  3. iSGLT2 → surveiller infections urinaires et génitales (Empagliflozine) → la glycosurie favorise la prolifération bactérienne et fongique (candidoses génitales fréquentes).
  4. Insuline : rotation absolue des sites d'injection → alterner régulièrement les zones (abdomen, cuisse, bras, fesse) pour éviter la lipodystrophie. Une lipodystrophie = absorption imprévisible = déséquilibre glycémique.
  5. Arrêt Metformine avant injection de produit de contraste iodé et avant chirurgie générale → risque d'acidose lactique si insuffisance rénale aiguë post-procédure.
  6. Ne jamais mélanger Lantus® avec une autre insuline → incompatibilité de pH (acide) → précipitation.
  7. Hyperglycémie sous iSGLT2 sans glycosurie ou DT1 → penser à l'acidocétose euglycémique (rare mais grave).
  8. GLP-1 et nausées → effets secondaires fréquents au début, transitoires. Titration progressive. Pas d'inquiétude si nausées les premières semaines.